Y a des trucs qui remontent en ce moment. Des sons, des atmosphères suffisent à me renvoyer dans les nuits profondes de Bamako.
Une chaleur à crever, un ventilo toujours en panne et les machines qui chauffent, je suis à mon cyber.Un lieu devenu familier, je discute un peu avec le patron en arrivant, salue les habitués et retrouvent un peu mes proches.Ce sauna est le seul lieu où je peux trouver un peu de réconfort quand ma force s'endore et que le choix de la distance et de ma solitude me submerge.Il m'arrive d'y passer des heures, à en oublier le temps et la température, ce qui compte c'est de recharger mes batteries auprès de mes amis jusqu' à la prochaine fois.
Une fois ces heures passées, la nuit est tombée et je me jette dans l'anonymat de l'obscurité. Ce sentiment de perdition ne me déplait pas...
Les regards qui se croisent, la poussière et la terre soulevées par les voitures, le sentiment d'un corps qui ne m'appartiens pas, je ne suis que des sens en éveille, des sens sans corps.L'odeur des ordures qui brûlent, parfois un brin d'air sur ma peau en nage,je perçois des silhouettes,des ombres,j'entends des discussions en Bambara, des rires, des mauvais sons de radio et pour ce qui est du goût, disons que quand je rentre du cyber,je suis surtout complètement désséchée.
Souvenirs forts de cette année là bas.